Un certificat d'authenticité est un document signé qui dit qui a fait une œuvre et la décrit assez précisément pour la distinguer de toute autre. Pour un original, il donne votre nom, le titre, l'année, la technique et les dimensions. Il ajoute une photo de l'œuvre, une déclaration attestant qu'elle est de vous, votre signature et la date. Un tirage a aussi besoin des détails de son édition. Ce guide couvre ce qu'il faut y mettre, le lien avec l'œuvre et les traces à conserver, avec un modèle à reprendre.

À quoi sert un certificat d'authenticité

L'acheteur garde le certificat avec l'œuvre. Des années plus tard, il indique à un assureur, à un expert ou au propriétaire suivant ce qu'est la pièce et qui l'a faite. Le guide de Format ajoute qu'il peut aussi servir de reçu et de trace de la vente, pour vous comme pour l'acheteur.

Un certificat ne vaut que ce que vaut la personne qui le signe. Le guide d'Artlogic pour les galeries et les artistes le dit sans détour : un certificat n'a d'autorité que celle de la personne qui le garantit. Pour votre propre travail, c'est vous. Visez donc l'exactitude : un certificat avec un format erroné ou une technique vague fait naître des doutes au lieu de les lever.

Ce qu'il faut mettre sur un certificat d'authenticité

Le guide d'Artlogic (en anglais) donne une liste minimale : l'artiste, le titre, la date de création, la technique, les dimensions et l'édition s'il y en a une. Il ajoute qui a délivré le certificat, sa signature, la date de délivrance, ses coordonnées et une photo de l'œuvre. En pratique, pour votre propre travail :

  • Votre nom, écrit comme vous signez vos œuvres
  • Le titre et l'année de création
  • La technique, assez précise pour identifier l'œuvre plus tard : huile sur lin, pas seulement peinture
  • Les dimensions, avec l'unité, en précisant quel chiffre est la hauteur et lequel la largeur
  • L'édition, s'il s'agit d'un tirage
  • Une photo du recto de l'œuvre
  • Une courte déclaration attestant que l'œuvre est originale et que vous l'avez créée
  • Votre signature et la date de délivrance du certificat
  • Comment vous joindre : votre site ou votre e-mail
Un exemple de certificat d'authenticité : une photo d'un tableau abstrait en bleus à côté de l'artiste, du titre, de l'année, de la technique, des dimensions, de l'édition et du numéro d'inventaire, une déclaration attestant que l'œuvre est originale, et des lignes pour la signature de l'artiste et la date
Un exemple de certificat : remplacez les éléments génériques par vos informations

Ajoutez ce qui rend cette pièce différente de toute autre : l'emplacement de votre signature et tout ce qui est écrit au dos. La plateforme française ARTactif cite elle aussi l'existence d'une signature et son emplacement. La photo compte surtout quand les choses tournent mal. Comme le note le guide de Format (en anglais), elle aide à identifier l'œuvre si elle est un jour séparée de son certificat.

Donnez un numéro à chaque certificat, et reprenez le numéro d'inventaire de l'œuvre si elle en a un. Artlogic note qu'un numéro de référence relie le certificat papier aux archives de celui qui le délivre.

Ajoutez les détails de l'édition pour les tirages

Pour un tirage, le certificat dit ce qu'est l'édition. Le guide de Format conseille d'indiquer combien d'exemplaires ont été tirés et quel est le numéro de celui-ci. Si l'édition est ouverte, dites-le aussi. Indiquez les deux techniques : celle de l'original et le procédé d'impression, par exemple un tirage giclée d'une huile. Et donnez le nombre d'épreuves d'artiste, pour que l'acheteur sache combien d'exemplaires existent en tout.

Les éditeurs d'estampes prennent la taille des éditions au sérieux. Dans notre entretien avec Tamsin Nugent de Red T Multiples (en anglais), elle explique que chaque original avec lequel sa société travaille ne peut être imprimé que 100 fois. Ce plafond préserve la valeur et l'exclusivité des tirages.

Ce que dit le droit français

En France, le décret n° 81-255 du 3 mars 1981, dit décret Marcus, encadre les ventes d'œuvres d'art. Selon une réponse ministérielle publiée au Sénat, le vendeur doit, si l'acquéreur le demande, lui remettre des documents précis. Ils portent sur la nature, la composition, l'origine et l'ancienneté de ce qui est vendu.

Le même décret veut qu'un fac-similé, une copie ou une autre reproduction d'une œuvre soit désigné comme tel. Si votre tirage reproduit un tableau, dites-le donc clairement sur le certificat. L'avocate Célia Chauffray rappelle l'usage des professionnels de l'estampe. Une estampe réalisée par des techniciens ou un procédé mécanique, d'après l'œuvre d'un artiste, y est dite « de traduction » ou « de reproduction ».

Ce résumé ne remplace pas un conseil juridique. D'autres pays, comme la Belgique, la Suisse ou le Canada, ont leurs propres règles : vérifiez celles du pays où vous vendez.

Signez-le, numérotez-le et reliez-le à l'œuvre

  • Signez chaque certificat à la main, à l'encre. Une signature imprimée ne prouve rien.
  • Imprimez-le sur un beau papier épais plutôt que sur du papier d'imprimante ordinaire, comme le suggère Format.
  • Inscrivez aussi le numéro du certificat au dos de l'œuvre, sur une étiquette ou au crayon, pour pouvoir les associer.
  • Des éléments de sécurité comme un sceau en relief ou un hologramme rendent un certificat plus difficile à copier, note Artlogic, mais ils ne compensent pas des informations faibles.
  • Remettez-le avec l'œuvre. Format suggère d'en joindre un à chaque œuvre qui quitte votre atelier, et de l'envoyer par la poste à l'acheteur quand vous vendez en ligne.

Gardez une copie de chaque certificat

Artlogic conseille aux artistes et aux galeries de garder une copie de chaque certificat délivré. Si un acheteur perd le sien, ou si quelqu'un demande des années plus tard si un certificat est authentique, votre copie est la réponse.

Notez l'acheteur, la date et le numéro du certificat à côté des détails de l'œuvre. Ne délivrez jamais deux certificats pour la même œuvre. Si vous en remplacez un qui a été perdu, indiquez qu'il s'agit d'un duplicata, avec le numéro et la date de l'original.

Établissez-le à partir de la fiche de l'œuvre

Un certificat n'est exact que si la fiche dont il vient l'est. Dans le Gestionnaire d'œuvres d'art de Canvy, chaque œuvre garde sa technique, ses dimensions, sa date de création et son prix, avec un numéro d'inventaire et une note privée. Le tout reste dans une bibliothèque privée que personne d'autre que vous ne peut voir.

Canvy peut aussi établir le certificat. Dans l'onglet d'impression de l'œuvre, il le remplit : l'image, votre nom, le titre, l'année, la technique et les dimensions, et si vous le souhaitez, le prix et la description. Il déclare que la pièce est votre œuvre originale, avec des lignes pour signer et dater à la main, un numéro de certificat et vos coordonnées. Vous le téléchargez en PDF A4, portrait ou paysage, avec un texte en anglais. Il est inclus dans tous les abonnements, Free compris.

  • Vérifiez la fiche avant d'imprimer, pour que le certificat corresponde à l'œuvre.
  • Utilisez la note privée pour l'acheteur et la date de délivrance.
  • Quand l'œuvre se vend, passez sa disponibilité à « vendu ».
Des parties de la fiche d'une œuvre dans le Gestionnaire d'œuvres d'art de Canvy : le titre et la description, des dimensions de 41 × 50 cm, le type, la technique et le sujet, la date de création et un champ pour le numéro d'inventaire
Les informations dont un certificat a besoin, sur la fiche de l'œuvre

La check-list du certificat d'authenticité

  • Votre nom, le titre, l'année, la technique et les dimensions
  • Une photo du recto de l'œuvre
  • Pour les tirages : le numéro et la taille de l'édition, et les épreuves
  • Une déclaration attestant que l'œuvre est originale et de vous
  • Un numéro de certificat qui correspond au numéro d'inventaire de l'œuvre
  • Votre signature à l'encre, et la date
  • Votre site ou votre e-mail
  • Une copie gardée dans vos archives

Les questions que se posent les artistes

Un certificat d'authenticité est-il obligatoire ?

En France, non : ARTactif rappelle qu'il n'est pas obligatoire, mais fortement conseillé. L'acheteur peut en revanche vous demander des documents sur l'œuvre, comme expliqué plus haut. Vérifiez les règles du pays où vous vendez.

Un certificat peut-il être numérique ?

Oui, s'il comporte les mêmes informations et que vous en gardez une copie. Pour une œuvre physique, un certificat papier signé qui l'accompagne est plus facile à conserver pour le propriétaire suivant.

Faut-il utiliser un modèle ?

Oui. Un modèle garde tous vos certificats cohérents. Renseignez une fois votre nom, vos coordonnées et votre déclaration, puis ajoutez les détails de chaque œuvre au fur et à mesure.

Vous voulez un certificat rempli pour chaque œuvre vendue ? Créez-le dans le Gestionnaire d'œuvres d'art. Commencer sur Canvy est gratuit.